Le 1er mai reste férié, chômé et rémunéré. Malgré plusieurs discussions et tentatives entamées depuis 2024, la dernière en date, une proposition de loi adoptée au Sénat en juillet 2025 vient d’être évacuée par l’exécutif. Le texte, qui devait poursuivre son circuit législatif à l’Assemblée nationale a en effet fait l’objet d’une motion de rejet vendredi 10 avril par ceux mêmes qui défendaient le texte. Cette opération amenait donc ce texte à être discuté directement en commission mixte paritaire, passant outre la discussion dans l’hémicycle autour des amendements déposés, et accélérant la manœuvre.
L’objectif du texte : ouvrir un maximum d’établissements
L’intersyndicale, formée de huit organisations syndicales dont FO, s’est adressée directement au Premier ministre, l’enjoignant dans un courrier de ne pas convoquer ladite commission mixte paritaire.
En effet, la proposition de loi visait à étendre la dérogation d’ouverture actuelle à de nombreux secteurs professionnels : outre les boulangeries et fleuristes, étaient listés l’ensemble des commerces de bouche, de la restauration à la globalité du commerce alimentaire en passant par les chocolateries, fromagerie, poissonneries, les animaleries, les magasins de jardinage, les graineteries, les établissements culturels et même les librairies dont la convention exclut pourtant l’ouverture le 1er mai. Une longue liste, qui pour l’intersyndicale, confirme que la proposition de loi n’a qu’un seul objectif : l’ouverture d’un maximum d’établissements le 1er mai
. Quant à l’argument d’une participation des salariés sur le mode volontaire avancé par l’exécutif, il a été rapidement balayé par l’intersyndicale : Comme pour le dimanche, les employeurs obligeront les salariés à travailler le 1er mai sous peine de licenciement ou de non-recrutement pour les nouveaux salariés
. Le Premier ministre, qui a reçu les organisations syndicales le 13 avril, s’est engagé à ce que le texte n’aille pas en commission mixte paritaire. Il renvoie la question du travail le 1er mai à d’éventuelles négociations devant se mener au niveau des conventions collectives. Et qui correspond à la demande de FO depuis les débuts du débat.
L’ensemble des organisations syndicales s’est montré satisfait de cette décision. « Nous avons toujours dit qu’il fallait laisser faire les branches » confirme Patricia Drevon, secrétaire confédérale. Il n’y aura pas de passage en force, et on revient à la négociation collective, a salué Frédéric Souillot, secrétaire général de FO. C’est ce qui fait l’ADN de notre république.
» Le Premier ministre a néanmoins indiqué que des propositions de court et moyen terme seront adressées aux boulangers et aux fleuristes indépendants
qui souhaitent employer du personnel le 1er mai. En fonction des négociations de branche qui seront engagées, un autre texte de loi pourrait être proposé avant le 1er mai 2027.



