Une fragilisation qui dépasse la question générationnelle
Les jeunes actifs peuvent être confrontés à l’instabilité des parcours, à la pression d’intégration et aux exigences de performance rapide. Les salariés plus expérimentés, quant à eux, doivent composer avec l’intensification du travail, les transformations numériques, les réorganisations successives et l’allongement des carrières.
Ces réalités différentes convergent vers un constat commun : la santé mentale se dégrade lorsque la charge devient constante, que les marges de manœuvre se réduisent et que les exigences d’adaptation s’accumulent. Le phénomène n’est donc pas uniquement générationnel ; il renvoie à l’évolution globale des conditions de travail.
Passer de la réaction à la prévention
L’article insiste sur la nécessité de passer « d’une logique de réaction à une logique de prévention ». En pratique, les entreprises interviennent encore majoritairement lorsque la situation est déjà altérée : arrêts de travail, épuisement professionnel, tensions collectives.
La prévention implique une approche plus structurelle : évaluation de la charge réelle de travail, clarification des responsabilités, organisation des temps de repos, régulation collective, qualité du dialogue social. Elle suppose d’agir en amont plutôt que de gérer les conséquences individuelles.
Un indicateur de l’organisation du travail
La santé mentale ne peut être réduite à une fragilité personnelle. Elle constitue un indicateur du fonctionnement organisationnel : rythmes imposés, exigences de disponibilité, transformations rapides, injonctions contradictoires.
Chez les cadres, l’articulation entre responsabilités, autonomie attendue et pression de résultats rend ces questions particulièrement sensibles. Ainsi, 63 % d'entre eux déclarent penser à trop de choses en même temps et 76 % travaillent au moins parfois sur leur temps libre.
Une approche globale nécessaire
La santé mentale ne relève ni d’une seule responsabilité individuelle ni d’un simple accompagnement ponctuel. Elle appelle une analyse des conditions concrètes d’exercice du travail et des mécanismes de régulation existants.
Pour FO-Cadres, la santé mentale c’est :
- un ressenti individuel,
- une responsabilité organisationnelle,
- qui nécessite une réponse collective.